UN GESTE POUR CONSTRUIRE L’HUMAIN

UN GESTE POUR CONSTRUIRE L’HUMAIN

BAO 4 HER – Découvrez le parcours de Loan Graziani, grutière

Dans le cadre du projet BAO 4 HER, nous avons à cœur de vous présenter des femmes talentueuses qui exercent un métier dans le secteur du bâtiment. Leur parcours riche et inspirant pourra peut-être éveiller l’intérêt d’autres femmes pour ses métiers.

Nous continuons notre série avec le portrait de Loan GRAZIANI, grutière.

Parles-nous de toi

Peux-tu nous dire qui tu es et nous décrire ton parcours professionnel ?

 Je suis Loan Graziani, j’ai 21 ans. J’ai d’abord obtenu un bac en gestion et administration et réalisé des stages qui m’ont confirmé que le travail de bureau n’était pas fait pour moi. Je souhaitais, depuis l’enfance, m’orienter dans le domaine du bâtiment. J’ai donc décidé de compléter mes études avec un BTS en transport logistique spécialité grue mobile et j’ai rejoint Bouygues Construction pour mon premier emploi.

En quoi consiste ton métier de grutière ?

Mon métier consiste à conduire la grue. Le principal c’est d’accrocher, déplacer et décrocher les éléments qui ne peuvent pas l’être manuellement. Je suis parfois amenée à faire des tâches annexes selon les besoins du chantier comme, par exemple, la gestion des conteneurs de matériaux.

Quelle est la part de temps passé sur le terrain vs. au bureau ?

100% sur le terrain.

Qu’est-ce que tu aimes dans ton métier ?

J’aime la hauteur avant tout. J’aime aussi sentir que je suis utile. Sans une grue, le chantier ne peut pas fonctionner. C’est un métier où l’on est assis mais c’est très dynamique.

Est-ce que ton métier te laisse le temps de trouver un bon équilibre entre ta vie personnelle et professionnelle et d’exercer des activités en dehors du travail ?

J’habite dans les Alpilles mais je vis à Bandol pour le chantier donc je rentre chez moi uniquement le week-end. Je sais que j’aurais aussi de chantiers à proximité de chez moi à l’avenir. A date, j’arrive à trouver mon équilibre et à déconnecter le soir.

Quels sont selon toi les critères de la réussite professionnelle dans ce domaine d’activité ?

Il faut être très bon techniquement et avoir acquis beaucoup d’expérience afin d’être très à l’aise. Sur le chantier, il y a un très bon grutier qui a acquis une notoriété dans son domaine. Je considère que cette reconnaissance est un réel signe de réussite.

Quelles sont, selon toi, les facteurs clés de l’épanouissement professionnel ?

C’est avant tout l’environnement de travail et la bonne entente avec ses collègues. Du haut de la grue, nous n’interagissons que par le biais de la radio donc ça compte beaucoup d’avoir des rapports apaisés. C’est également une vraie source d’épanouissement de faire ce que j’aime au quotidien.

Quels sont les principaux freins professionnels que tu as pu rencontrer ?

Je n’ai pas rencontré de freins pour le moment. Je n’ai jamais subi le fait d’être une femme car j’ai pu faire la formation souhaitée et trouver un travail immédiatement.

Être une femme dans le secteur du BTP

Perçois-tu des différences de traitement entre les femmes et les hommes lors de la phase de recrutement ?

Cela a plutôt été en ma faveur. Mon profil et mes compétences intéressaient l’entreprise et il m’a clairement été dit que l’entreprise souhaitait recruter plus de femmes sur les chantiers pour diversifier les profils.

Penses-tu qu’il y a des différences en ce qui concerne le niveau de responsabilité accordé aux femmes et leur accès à des postes de direction ?

A ce jour, je ne sais pas. En tant grutier.e on a des responsabilités dès le début de notre vie professionnelle. On peut évoluer de différentes façon et notamment en changeant de poste ou en devenant formateur.ice. C’est un métier intense donc la formation est une bonne perspective d’évolution. 

Est-ce que tu constates des écarts de salaires entre les femmes et les hommes ?

Je viens de démarrer ma carrière professionnelle mais je ne constate par de différences à ce stade.

Selon toi, pourquoi si peu de femmes ont un métier manuel dans le secteur du bâtiment ?

Mentalement on peut se dire que c’est un métier d’homme et que ça peut être difficile de s’y intégrer. Au départ, j’avais de l’appréhension d’aller dans ce milieu par manque de connaissance. De plus, à l’école, les femmes ne sont pas orientées vers ces métiers-là. J’étais d’ailleurs la seule femme de ma formation de grutière. Il y a beaucoup de codes à faire bouger du côté de l’éducation. Par ailleurs, notre entourage peut aussi avoir des préjugés à ce sujet qui ne nous encouragent pas dans cette voix

Selon toi, est-ce que la maternité est compatible avec ce métier ?

Pour l’instant je ne suis pas concernée par la maternité donc il est difficile de me prononcer. Les déplacements et horaires liés aux métiers du bâtiment nécessitent une organisation adaptée en faisant, par exemple, des horaires décalés. Mon manager est d’ailleurs ouvert à cela et comprends l’importance de trouver un bon équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

Selon toi, quels bénéfices les femmes peuvent-elles apporter aux métiers du bâtiment ?

Dans mon métier, les hommes sont parfois  « bourrus » entre eux. Quand c’est moi qui suis dans la grue, la voix change et j’amène du calme et de la sérénité. Par ailleurs, il y a des sujets où l’on n’a pas forcément la même vision des choses, ce qui est enrichissant pour tout le monde.

As-tu déjà été confronté au sexisme dans le milieu du bâtiment?

Je ressens parfois de l’étonnement de la part de mes collègues qui n’ont pas forcément l’habitude de voir des femmes sur chantier. Parfois, ils sont plus protecteurs avec moi et ne me laissent pas faire certaines tâches que je me sentirais en capacité de faire mais c’est toujours dans une posture bienveillante et ça ne m’a jamais dérangé.

As-tu un conseil ou mot d’encouragement à donner aux femmes qui souhaitent travailler dans le bâtiment ?

D’écouter leurs envies, car elles ont autant leur place dans le bâtiment que les hommes. Il existe de nombreuses tâches sur chantier qui peuvent être réalisées par des femmes.